Interview > 6 - 12 ans |

méditer en famille

Article du 20 mars 2017

Les enfants, comme nous adultes d’aujourd’hui, sommes souvent agités, dispersés, stressés. Aussi comment aider nos enfants à s’apaiser, comment leur ouvrir le chemin de la concentration? Par la méditation en famille. La méditation est un outil simple, facile et efficace, procurant des bénéfices immédiats. Zazzen a rencontré M. Julien Granata, Instructeur en méditation, AMA (Académie de méditation de Aumes), ateliercocrea@gmail.com

Zazzen: Pourquoi méditer en famille?
 
Julien Granata: La pratique de la méditation est trop souvent jugée comme une expérience égoïste tournée vers soi, pour une recherche d’un bien-être individuel. C’est en réalité le contraire. Aux sources de la méditation, le taoïsme défend l’idée d’une Harmonie universelle, chaque chose ou être vivant se trouvant à sa juste place dans le monde sensible; l’harmonie collective exigeant d’abord l’harmonie individuelle.
Les apports de la pratique de la méditation sont largement connus: elle réduit le stress et l'anxiété, elle apporte un espace de calme, elle favorise les capacités d'attention et la concentration, elle mobilise les ressources intellectuelles et renforce la confiance en soi.
Pratiquer la méditation en famille favorise l’équilibre et l’harmonie et permet ainsi à chacun de trouver sa juste place...Chacun est pleinement présent, dans le moment présent, sans parasites tels que le téléphone, la radio où des débats agités ont lieux, la télé…
 


Zazzen: Comment méditer en famille?
 
JG: La pratique en famille peut emprunter diverses formes. Pour les enfants, il est parfois préférable d’utiliser les termes de concentration ou de détente. Méditer peut simplement consister à s’assoir dans la nature pour ressentir l’énergie du vent, s’enivrer de ses senteurs, tout en écoutant le chant des oiseaux. Méditer en famille peut se résumer à être collectivement connecté aux manifestations du vivant, l’esprit totalement présent et non pas distrait par des cogitations singulières. A la maison, on peut s’appuyer sur des pratiques guidées adaptées aux enfants: des ouvrages comme «Calme et attentif comme une grenouille» sont accompagnés d’un CD audio. Les pratiques en famille deviennent des temps de partage renforçant les liens et apaisant les relations.
Des lieux spirituels, comme certains temples bouddhistes ouverts aux laïques, proposent des journées en famille et permettront aux parents d’améliorer leur pratique.
 


Zazzen: A quel moment et à quelle fréquence est-il favorable de méditer ensemble?
 
JG: La clé du bonheur n’est pas l’intensité mais la fréquence des instants heureux. Ainsi, la pratique quasi quotidienne de la méditation contribue à l’intégration et accentue ses effets positifs. Les expériences de méditations d’enfants pratiquées dans les écoles montrent que leur réalisation quotidienne offre des résultats rapides en termes de relations sociales, de concentration ou de bienveillance mutuelle. En famille c’est la même chose ; on peut méditer quotidiennement avant de faire les devoirs, de se coucher ou de prendre le petit-déjeuner. Ces rendez-vous collectifs favorisent l’écoute et la compréhension de l’autre. A pratiquer sans modération.

Propos recueillis par Valérie Mirault, éducatrice de jeunes enfants et éducatrice Montessori

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Pédagogie active > 0 - 3 ans |

l'aire du mouvement du tout-petit

Article du 15 mars 2017

Le tapis d’éveil devient un objet incontournable avec sa douceur, ses couleurs, ses objets sonores, ses matières diverses… dès que l’enfant découvre le mouvement. Il se présente comme un jouet très complet qui l’aide à développer ses sens, ses muscles et participe ainsi à son éveil. Mais un tel tapis est-il réellement respectueux de l’enfant? Aide-t-il vraiment à son développement? Sinon comment l’aider, seulement par l’aménagement de l’espace?

Pour comprendre ce que ressent un tout-petit, imaginons-nous à sa place quelques instants sur son tapis d’éveil pour voir et éprouver ce qu’il peut voir et ressentir… Le tapis d’éveil est multi-couleurs, avec des textures et un miroir incorporés, des arceaux aux quatre coins sur lesquels sont suspendus des objets multi-sensoriels. Quand il est sur le dos, l’enfant ne voit jamais le dessin vif en entier puisqu’il est posé dessus. Les hochets multicolores, sur le fond coloré, apportent une confusion visuelle à l’âge où la vue se développe. Quand il est sur le ventre, le bébé peut vouloir attraper les motifs et s’agacer de ne pouvoir les prendre. Les bourrelets occasionnés par les textures et les objets incorporés sont aussi inconfortables: appréciez-vous d’être allongé(e) sur un livre?
Les objets suspendus excitent le tout-petit par la multiplicité de choses à voir! Il ne peut que pleurer pour être sorti ou s’endormir pour échapper à ce trop-plein de stimuli. Les arceaux gênent les mouvements de retournement et de déplacement du bébé. Le tapis d’éveil devient alors une entrave aux mouvements du bébé alors que les lois naturelles le poussent à se mouvoir et à se concentrer pour découvrir son environnement et ses capacités.
Pour éviter ces inconvénients, créez un «tapis du mouvement» avec un futon ou un tapis recouvert d’un drap ou d’un plaid uni pour faire ressortir les objets qui seront disposés dessus.
Placez, en complément, un long miroir au ras du tapis le long du mur en longueur en verre épais sécurisé, bien vissé au mur. Le bébé pourra se regarder et avoir une vision globale de sa chambre. Posé sur le ventre, il sera motivé pour relever sa tête et se regarder, attiré par les reflets qu’il renvoie. Une petite étagère basse de 30 cm, le long du tapis, offrira des espaces de rangements pour les paniers de hochets, peluches douces, balles…
Les hochets et premiers jeux doivent être simples, d’une même texture avec peu de couleur. Ainsi, le bébé éprouvera le contact avec cette matière, son poids, sa température, le son qu’elle produit, sa couleur. Préférez les matières naturelles: bois, tissu, ambre, métal (grelot suspendu), cuir… Vous pouvez aussi suspendre un joli mobile design ou au style épuré qui ravira le regard du bébé, des petits livres cartonnés.


Quelques pistes de lecture:

Maria Montessori «L’enfant dans la famille»
Charlotte Poussin «Montessori de la naissance à 3 ans» aux éditions Eyrolles et sous forme de fiches
Marie-Hélène Place «60 activités Montessori pour mon bébé» pour l’approche Montessori
Emmi Pikler «Se mouvoir en liberté dès le premier âge»

Valérie Mirault, éducatricede jeunes enfants et éducatrice Montessori

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Sélection Zazzen > Autres |

des vêtements favorisant le mouvement

Article du 13 mars 2017

Dès leur plus âge, les enfants sont «à la pointe de la mode»; les marques de vêtements se livrent bataille pour servir cette nouvelle clientèle que constituent les enfants qui doivent être toujours plus modernes, plus joliment habillés… mais les vêtements «à la mode» que nous leur choisissons sont-ils toujours adaptés à leur développement, aux grandes étapes d’acquisition de leur autonomie?

Quelques petits conseils!

Les chaussons…
Le pied et la cheville de l’enfant vont être soumis à de nombreuses sollicitations au moment de la marche. Des chaussons trop rigides vont empêcher l’enfant de trouver sa bonne position plantaire: les pieds doivent être ancrés dans le sol et l’enfant doit pouvoir en ressentir les mouvements. Ces petits chaussons (marque Robeez par exemple) sont parfaitement adaptés à cette recherche du mouvement; ils tiennent la cheville sans entraver sa construction et sont particulièrement souples afin de laisser l’enfant trouver la bonne position de son pied.

Le temps du quatre pattes:
La position du «4 pattes» chez le tout-petit est une révélation car elle est synonyme de déplacement et donc d’autonomie! Choisissez donc des tenues qui protègent les genoux sans glisser, assez amples et qui ne se bloquent pas durant le déplacement (les robes sont souvent à éviter durant cette période car elles se coincent sous les genoux et entravent le déplacement).

Quand la propreté arrive!
Au moment où l’enfant découvre la propreté, il veut pouvoir faire les choses par lui-même; il est donc essentiel de lui proposer des vêtements qu’il peut enlever seul! Adieu les salopettes, jeans à boutons, robes et collants! Préférez plutôt des pantalons souples, à élastiques, pour que l’enfant de façon autonome, sans avoir à demander l’aide d’un adulte, puisse se déshabiller seul et… rapidement si nécessaire!

Et enfin…
L’enfant n’a pas à être placé dans une compétition de marques ou d’élégance: ses vêtements doivent être agréables à porter, faciles à enlever et ne pas craindre les multiples tâches de peinture, de colle ou de nourriture! Veillez à ne pas entraver ses mouvements ou de nouvelles acquisitions motrices par un vêtement inadapté!

Anne-Sophie Chaunu, conseillère en pédagogie et éducatrice de jeunes enfants

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Zazoom > Autres |

fabriquer une lampe

Article du 5 mars 2017

Les enfants ont, dès leur plus jeune âge, une attirance particulière pour la lumière. Nous vous proposons donc ce mois-ci de fabriquer avec les enfants une lampe esthétique qui diffusera une lumière douce propice à l’endormissement.

Le matériel:

  • Du papier cartonné
  • De la peinture acrylique
  • Une petite éponge
  • Des cure-dents
  • Des crayons de couleurs
  • Le socle d’une boîte à camembert
  • Une petite lampe type LED

Les étapes:

  1. Proposer à l’enfant (selon son âge) de créer le fond en étalant la peinture acrylique sur le papier cartonné à l’aide de l’éponge
  2. Laisser sécher bien à plat (attention la peinture peut faire des petites bosses!)
  3. Quand le papier est sec, dessiner des formes (fleurs, poissons, étoiles etc.) au dos de la feuille.
  4. Percer ensuite le contour de ces formes avec un cure-dents.
  5. Enrouler le papier autour de la boîte à camembert ronde et vide puis coller les deux bords.
  6. Pour finir, poser une petite lampe à LED à l’intérieur.


Anne-Sophie Chaunu, conseillère en pédagogie et éducatrice de jeunes enfants

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