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les peurs et terreurs

Article du 28 mai 2016

A chaque tranche d'âge ses peurs ! Tout au long de son développement, l'enfant rencontre des situations qui lui font peur, ou l’angoissent. Ces peurs peuvent se transformer en phobies – peurs maladives irraisonnées qui se révèleront très gênantes dans la vie sociale car l’enfant et plus tard l’adulte fera en sorte de ne pas se retrouver confronté à l'objet de sa phobie. C’est le cas de la « phobie sociale », dont celui ou celle qui en souffre est terrorisée à l’idée de rencontrer des étrangers, de devoir leur parler ! Quelle qu’en soit la source et pour éviter qu’elles deviennent des phobies, il est important que les peurs soient bien prises en compte par l’adulte et discutées avec l’enfant. Les peurs, une fois apaisées, contribuent à son développement, l'aident à grandir sereinement.

Une peur représente un élément dans l’environnement de l’enfant qui lui est inconnu et qu’il ne sait pas comment affronter. Par exemple, il ne sait pas quoi faire s’il imagine un monstre qui sort de sous son lit ou s’il s’inquiète la première fois qu’il doit aller chez le dentiste.


Au plan psychologique, la peur est une émotion, un « ressenti », analogue à la joie ou à la tristesse, face à quelque chose que l'on perçoit comme un danger. Cette peur se traduit souvent par un repli sur soi, une fuite.


Apprendre à affronter ses craintes est une étape importante du développement de l’enfant. Petit à petit, au fil de ses expériences, l’enfant apprend à distinguer les situations inoffensives de celles qui sont réellement dangereuses.


A chaque tranche d'âge ses peurs !


Entre 2 et 4 ans, l'enfant fait face à des peurs inspirées par des créatures imaginaires – fantômes et autres monstres aperçus dans un livre ou à la télévision, ou encore certains animaux qui lui semblent menaçants par leur taille ou leur comportement, tels les clowns ou le Père Noël !


Après 4 ans, ces peurs sont liées à des événements plus concrets : les catastrophes, le noir, les voleurs ou l’eau.


De 5 à 12 ans, les peurs sont associées à un objet ou à une situation particulière (insectes, voleurs et kidnappeurs, médecins et dentistes, peur du vide, des accidents). L’enfant peut aussi avoir peur des catastrophes naturelles ou de la guerre, après avoir vu des images d’actualités troublantes à la télévision.


Comment faire face à ces peurs, ces terreurs et éviter qu’elles deviennent des phobies ?


Soyez d’abord attentif à ce qui peut les engendrer : les livres et les jeux, les camarades, les grands frères et les grandes sœurs, la famille, les images de la télévision, l’exagération et les discussions des adultes, etc., sont autant des sources de peurs pour l’enfant.


La peur du loup par exemple, très fréquente entre 2 et 5 ans, est bien souvent créée de toute pièce par l'adulte. L'enfant n'a pas spontanément peur du loup, mais les livres ou les jeux pour enfants qui lui sont lus par ses parents présentent souvent l'animal comme cruel et capable de manger des enfants ! L'idée que le loup peut lui faire du mal est alors renforcée chez l'enfant. Evitez donc certaines des histoires les plus terrifiantes… pour un enfant.


Par ailleurs, certaines peurs résultent de mauvaises expériences vécues (morsure d’un animal, piqure d’un docteur...).


Quelle qu’en soit la source, les peurs méritent d’être bien prises en compte par l’adulte et discutées avec l’enfant.


Il ne faut ni minimiser les peurs de votre enfant, ni les tourner en ridicule. Si nécessaire, rassurez-le en lui offrant une présence affective et bienveillante (câlins, rituels). Une fois qu’il est rassuré, discutez-en avec lui. Utilisez des mots pour l’aider à décrire ce qu'il ressent et lui permettre ainsi de mieux comprendre ce qui l’a effrayé. Vous pouvez aussi lui demander de dessiner pour faciliter son expression.


Si vous avez vous-même peur ou n'êtes pas rassuré, il vous sera difficile de transmettre de la sérénité à votre enfant. Votre angoisse peut l’influencer négativement car vous êtes pour lui un modèle. Sachez dans ce cas passer le relai à une autre personne de votre proche entourage.


Enfin si les terreurs de votre enfant ne s'apaisent pas, sollicitez l'avis d'un médecin.


Anne-Sophie Chaunu, conseillère en pédagogie et éducatrice de jeunes enfants

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