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les colères

Article du 15 mars 2016

L'enfant est un être d'émotions, tout particulièrement avant ses 6 ans. Il ressent, il apprend à comprendre et à maîtriser les émotions qui le submergent. Que ce soit la joie ou la colère, tout peut vite s'entremêler ! A nous, adultes, de l'accompagner dans la compréhension de ses sentiments pour lui donner toutes les clés nécessaires à son épanouissement. Entre 1 an et 6 ans, la colère est une émotion fréquente qui peut prendre diverses formes. Quelle attitude adopter ? Comment l'accompagner ? Faut-il punir une colère ou au contraire l'accepter ?

« Je suis en colère, je vais aller crier ma colère sur mon coussin pour aller mieux ! », ce sont avec ces mots que Sam, 4 ans, m'a prouvé qu'une colère pouvait être parfaitement gérée par l’enfant lorsqu’il a les bonnes clés !


Il est important de comprendre la place des émotions dans son quotidien. En tant qu'adulte, nous connaissons bien les émotions ; nous les vivons avec résignation ou plaisir que ce soit la joie, la tristesse, l’excitation, le bonheur, l'agacement et bien sûr la colère !


Notre grand privilège d'adulte est de pouvoir reconnaître les émotions qui nous envahissent, d'en connaître l’origine, mais surtout de savoir comment les maîtriser ! Certaines personnes, lorsqu'elles sont en colère, se « vengent » sur quelques carrés de chocolat quand d'autres vont aller faire du sport pour « évacuer »… Quel que soit notre méthode, nous nous autorisons ce sentiment de colère, le partageons avec d'autres, l'évacuons et « passons à autre chose »


Il n’en va pas de même pour l’enfant : quand la colère le submerge, nous avons pour habitude de vouloir le faire taire, l'isoler ou encore crier plus fort que lui pour qu'il se taise dans l'espoir que cela le calme ! Imaginez que vous êtes très en colère : pensez-vous que de telles attitudes vous aideraient à dominer votre fureur ?


Pourquoi donc ne pas amener l'enfant à cette gestion de lui-même ?


Quand la colère submerge l'enfant, il devient souvent agressif avec les autres, vous ou même lui-même ; c'est le signe qu’il n’est plus maître de lui-même, plus à même de penser ou de réfléchir ! Prenez quelques secondes pour nommer l'émotion qui l’agite de sorte qu’il fasse le lien entre ce qu'il ressent et ce qu'il doit faire pour retrouver son calme.


Autorisez-le à exprimer, sortir cette colère dans un cadre : taper avec des gestes amples et un rythme cohérent sur un coussin dédié à cet usage est bien souvent un excellent moyen de le faire.


Certains enfants ont besoin d'être contenus, maintenus fermement dans des bras rassurants ; grâce à la libération d'ocytocine qui se produit, ils s’apaisent doucement en calant instinctivement leur respiration sur la vôtre.


Une fois la colère évacuée, il est important d'y mettre à nouveau des mots pour comprendre ce qui s'est passé ! Il va ainsi apprendre petit à petit à gérer les situations de stress ou de doutes.


Ne faites jamais taire la colère d'un enfant, elle ne pourrait que devenir plus intense et le laisser dans un état d'incompréhension et de culpabilité.


Petit Sam, du haut de ses 4 ans, a su repérer son émotion, et a compris qu'aller crier dans son coussin allait surement faire sortir sa colère, sans faire de mal à personne et m'à ce jour montré à quel point une émotion violente pouvait être absorbée, acceptée et maitrisée par l’enfant.


Des livres :
– Pour les enfants : Grosse colère de Mireille d'Allancé
– Pour les parents : J'ai tout essayé d'Isabelle Filliozat


Anne-Sophie Chaunu, conseillère en pédagogie et éducatrice de jeunes enfants

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