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le dessin chez l'enfant

Article du 15 octobre 2015

Le dessin permet de développer le sens artistique de votre enfant et d’affirmer sa personnalité. C’est aussi une voie vers l’écriture, ainsi qu’un moyen d’exprimer ses émotions et ses sentiments.

Vers un an, l’enfant s’intéresse aux lignes qu’il trace et cherche à les reproduire. Cette activité constitue la phase de gribouillage. Vers 3 ans, l'enfant commence à dessiner. Il essaie de représenter quelque chose. Les couleurs tiennent du hasard. Cela ne sert à rien de lui demander ce qu’il dessine. Il ne peut pas vous répondre tant qu’il n’a pas fini.


Avant 4 ans, l’enfant ne cherche pas à faire quelque chose de beau, il veut jouer. Il dessine simplement pour le plaisir que cela lui procure. Faire, défaire, coller, décoller, recoller : c’est son jeu favori. Cela contribue à renforcer son estime de lui, car il apprend à avoir du contrôle sur les objets.


Vers 4 ans, il passe à une autre étape : fabriquer et ne pas défaire. Il commence à plier, envelopper, faire des cadeaux. Vous aurez ensuite droit à quantité de dessins!


Autour de 5-6 ans, votre enfant commence à intégrer dans son univers les personnes et les objets qu’il connaît. Toutefois, il ne dessine pas encore la réalité : il représente « ce qu’il sait et non ce qu’il voit » sans vraiment respecter la perspective. Il n’est pas encore capable de réaliser un dessin en trois dimensions, ce qui donne des représentations « aplaties » de ce qu’il imagine. Les premiers détails apparaissent : cheveux, vêtements, doigts, pieds… Lorsqu’il y a des vêtements, il n’est pas rare qu’ils viennent recouvrir les membres : on voit en transparence les bâtons figurant les bras et les jambes.


Vers 7-8 ans : le dessin se fait plus figuratif. Les membres sont pleins, les mains comportent des doigts (pas toujours cinq !), les yeux deviennent réalistes (pupilles, cils), des oreilles.


Des habiletés développées :


Pour dessiner, votre enfant utilise des habiletés motrices (maîtrise des mouvements) pour tenir le crayon, le diriger sur le papier et contrôler son geste. Il utilise également des habiletés de perception : c’est en effet parce qu’il perçoit l’espace et les formes qu’il réussit à organiser son dessin et, plus tard, à copier des lignes et des formes géométriques.


La perception tactile (toucher) permet à votre enfant de bien sentir la craie dans sa main et d’exercer une bonne pression sur le papier, sans le déchirer. Dessiner requiert aussi des habiletés cognitives (connaissances) puisque votre enfant reproduit, en images, ce qu’il connaît du monde.


Comment soutenir son développement ?


Vous pouvez mettre à sa disposition le matériel : peinture, feutres, crayons, images à coller... 


Il est aussi nécessaire de lui laisser vivre sa fantaisie et choisir ses couleurs. Vous pouvez lui dire : « Dans la réalité, les arbres sont bruns et verts, mais tu mets les couleurs que tu veux. ».


Ses dessins n’ont ni formes, ni contours ? Peu importe. Il faut accepter que ses couleurs soient fantaisistes, que ses bonshommes n’aient pas de bras ou de jambes.


Il n’aime pas son dessin ? Plutôt que de lui dire que son dessin est beau, mieux vaut l’amener à réfléchir en lui demandant: « Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans ton dessin ? ». Vous pouvez aussi lui expliquer : « Tu sais, ça prend du temps avant d’arriver à faire ce qu’on veut. »


En disant cela, on le met simplement devant la réalité. On apprend à l’enfant à se faire confiance, à développer son estime de soi, et à gérer sa frustration.

Joël Vandemoëre, éducateur de jeunes enfants

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