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faut-il laisser bébé pleurer ?

Article du 16 février 2015

« Laissez-le pleurer, c’est bon pour ses poumons ! » est une des antiennes parmi les plus ridicules du folklore médical. On a en effet mis en évidence que le rythme cardiaque d’un bébé qu’on laisse pleurer atteint des niveaux inquiétants tandis que se réduit le taux d’oxygénation de son sang. Tranquillisez-vous, son système cardiovasculaire retrouvera « heureusement » la normale lorsque les pleurs auront cessé. Alors, faut-il se rendre systématiquement à son chevet ?

Les pleurs stridents et insistants de votre bébé peuvent être énervants, mais la bonne nouvelle c’est que ce comportement représente le plus souvent un moyen sain de communication avec vous. Il faut considérer les larmes de votre enfant comme des « appareils de communication ». Ce sont des outils qui permettent à votre bébé, qui ne dispose pas encore d’un langage évolué, de faire connaître ses besoins et ses sentiments à ceux qui l’entourent.

Plusieurs raisons évidentes nous viennent en tête : la faim, la fatigue, l'hygiène, la soif, la chaleur, etc. L'adulte peut reconnaître ces pleurs et y répondre de façon adaptée. D'autres pleurs nous échappent un peu plus, comme la colère, l'ennui, l'angoisse ou la frustration par exemple. Ecoutez votre corps quand votre bébé pleure plutôt que les donneurs de leçons qui vous disent de faire la sourde oreille. 
Si vous écoutez bien les pleurs de votre enfant, vous pouvez apprendre à reconnaître et à décoder la tonalité et le timbre de sa plainte. Ainsi un nourrisson affamé fera souvent entendre des pleurs brefs et graves tandis que les pleurs de douleur commenceront par un cri strident suivi d’une longue pause, puis d’une plainte continue.

Cependant, il ne faut pas culpabiliser lorsque l'on ne trouve pas comment répondre à ces pleurs ! Le plus important est de montrer à l'enfant que l'adulte entend et prend en considération ce mal être, cet appel.

Une fois que vous savez « comprendre » les pleurs de votre bébé, il va vous falloir décider ce que vous en faites. Deux options s’offrent à vous : ignorer ou répondre.

Ignorer les pleurs de votre bébé est le plus souvent une situation perdant-perdant. Le bébé facile cesse de communiquer, se renferme sur lui-même. Le bébé plus dynamique ne cède pas facilement et se met à crier de plus en plus fort ; c’est l’escalade dans la force de son signal, le rendant de plus en plus dérangeant ! Donc : répondez à ses pleurs ! En effet, plus l'enfant se sent sécurisé et accompagné, plus il va s'apaiser rapidement.

Quoiqu'il arrive, les tout-petits ne sont en aucun cas machiavéliques et ne cherchent pas à manipuler l'adulte, mais seulement à répondre aux besoins qui leurs semblent primordiaux ! Ne laissez donc pas votre enfant en proie à des émotions négatives, ni pleurer pendant des heures. L'attitude de l'adulte va donc jouer dans le sentiment d'écoute et d'accompagnement que peut ressentir l'enfant. Soyez donc prêt à accueillir ses émotions en adoptant une attitude réconfortante et empathique : le prendre dans les bras, s'allonger auprès du bébé, mettre des mots sur ce qui se passe par exemple. Essayez toujours de lui montrer que vous entendez son désarroi et son appel. Si on le laisse pleurer, il risque probablement de s'endormir dans son lit, mais d'épuisement et non en toute sérénité.

En revanche, certains pleurs de quelques minutes seulement, qui apparaissent souvent avant l'endormissement par exemple, sont quant à eux une décharge émotionnelle pour l'enfant qui évacue alors à sa façon les divers événements de sa journée. Ne vous laissez pas influencer, écoutez votre enfant et votre instinct, et montrez à votre tout petit que vous avez entendu son besoin.

En conclusion : répondez de manière appropriée aux pleurs de votre bébé. C’est le premier et le plus difficile défi de communication auquel vous devez faire face en tant que parent.

Anne-Sophie Chaunu, conseillère en pédagogie et éducatrice de jeunes enfants

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