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les premiers mensonges

Article du 17 mars 2015

Votre enfant commence à mentir et vous ne savez pas comment réagir ? Cette interview de Joël Vandemoëre vous aidera à mieux comprendre les raisons des premiers mensonges de votre enfant.

MagaZEN : Mentir, est-ce un comportement normal chez un enfant ?

Joël Vandemoëre : Oui ! Mentir est un comportement naturel chez l’enfant et est même considéré par certains psychiatres comme le signe d’une bonne santé émotionnelle, particulièrement entre 4 et 6 ans, sous réserve qu’il ne devienne pas mythomane bien sûr. Les parents s’inquiètent quand leur enfant ne leur dit pas la vérité. Qu’ils se rassurent : leur enfant est simplement en train de vivre une phase de son développement.

MagaZEN : Pourquoi l'enfant ment-il ?

J.V. : Il peut arriver que les enfants mentent par plaisir, vers 4 ou 5 ans, pour faire des blagues. Ils peuvent aussi vouloir cacher la vérité pour éviter une réprimande. Certains enfants cherchent à impressionner leur entourage, leurs proches. Le mensonge traduit alors la volonté de se différencier, de se valoriser, de continuer à plaire. Enfin, un enfant peut mentir pour protéger ceux qu’il aime et qu’il imagine menacés.
Exemple : pour enjoliver une réalité qui ne le satisfait pas, l’enfant voyant le ballon neuf de son copain de jeu peut raconter qu’à la maison il possède un « énorme ballon indestructible ».
Mentir n’est pas toujours un comportement à corriger dans la mesure où il permet à l’enfant de garder « un jardin secret », de ne pas « tout dire ».

MagaZEN : Quels conseils donnez-vous pour encourager l'enfant à dire la vérité ?

J.V. : En premier lieu, il est indispensable d'écouter l'enfant car il doit sentir que vous avez confiance en lui. Evitez de dramatiser. Réfléchissez à ce qui le pousse à mentir. S’il ment sur ses résultats scolaires, c’est peut être qu’il croit déceler dans votre attitude un jugement négatif. Montrez-lui que vous avez confiance en lui. Pour lui éviter de mentir dans l’espoir de paraître meilleur, prenez le temps de le valoriser, de l’encourager, particulièrement s’il obtient un résultat plus satisfaisant, même si celui-ci n’est que médiocre à vos yeux.

L’enfant, jusqu’à 5 ans baigne dans les légendes : faites avec lui la différence entre l’imaginaire et la réalité en disant « Tu joues à être le roi lion, tu fais semblant de… » en lui montrant que vous n’êtes pas dupe. De même, vous pouvez lui montrer que vous comprenez que certains mensonges sont en fait un désir de modifier la réalité à sa convenance. Ainsi, quand il affirme qu’il n’a pas cassé le vase alors que vous savez que c’est faux, rassurez-le doucement : « Je sais que tu voudrais que ce ne soit pas arrivé et je suis certain que tu ne l’as pas fait exprès, mais c’est bien toi qui l’as cassé. ».
Il faut vous efforcer de chercher une solution, avec lui. On peut lui demander, par exemple: « Maintenant que la vitre est cassée, qu’allons-nous faire? » et lui expliquer que c’est important de dire la vérité et de le valoriser pour cela. Si l'enfant comprend que la vérité est plus importante qu’un vase brisé, la vérité l’emportera. 
Ne soyez pas trop exigeant à son égard et acceptez que, de temps en temps, il échappe aux contraintes qui lui sont imposées par le mensonge !

Enfin, évitez de lui donner le mauvais exemple : si vous lui chuchotez : « Dis que je ne suis pas là ! » au moment où on frappe à la porte, alors que vous venez de lui expliquer qu’il n’est pas bon de mentir, vous risquez de semer la confusion dans son esprit.

Pour conclure, il est important de considérer le mensonge pour ce qu’il est et qu’il représente une forme d’apprentissage. Dire la vérité s’apprend progressivement, au fil des années; ce n’est pas quelque chose que les enfants savent faire dans leur plus jeune âge.

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